Miss Sénégal: une affaire de viol présumé qui finit en dossier d’État

Miss Sénégal: une affaire de viol présumé qui finit en dossier d’État


Samedi 27 Novembre 2021 09:48
Une affaire d’État. C’est le tournant pris par le viol présumé de la Miss Sénégal 2020 soutenue par le gouvernement et par des organisations de femmes. Submergée de plusieurs centaines de plaintes pour apologie du viol et complicité de proxénétisme, l’organisatrice de l’événement devra répondre devant un tribunal.
Au palais de justice de Dakar, les bureaux du procureur de la République ont dû être réaménagés dans la journée du 24 novembre pour faire de la place à plusieurs centaines de plaintes écrites venues de toutes parts pour demander la tête de l’infortunée organisatrice de l’élection Miss Sénégal, Aminata Badiane. Constitué d’une majorité écrasante de femmes indignées et toutes habillées de t-shirts de couleur orange, ce mouvement plus ou moins féministe se veut surtout défenseur de la dignité féminine contre tous les "prédateurs sexuels".

Au lendemain du sacre le 14 novembre de Miss Sénégal 2021, la lauréate de l’année précédente, Ndèye Fatima Dione est sortie de son silence pour accuser le comité d’organisation de complicité dans le viol dont elle aurait été victime, suivi d’une grossesse au terme duquel elle est devenue la mère d’un enfant aujourd’hui âgé de cinq mois. En réponse à cette accusation, Amina Badiane a rétorqué ainsi: "toute victime de viol est consentante, le viol est une affaire entre deux personnes. Cette fille est majeure en plus".

La violence des propos tenus en langue wolof, plus significative que ceux rapportés en français, a mis le feu aux poudres dans l’espace public sénégalais, à commencer par les réseaux sociaux d’où est parti le mouvement.

Les griefs collés à Aminata Badiane dont la société Miss Sénégal nouvelle vision commercialise le label Miss Sénégal sont de plusieurs ordres: apologie du viol, association de malfaiteurs et complicité passive de proxénétisme. C’est avec ces griefs que la très active ONG islamique Jamra a rédigé sa propre plainte, suivie d’une deuxième contre X "en raison des probables ramifications internationales de cette nébuleuse affaire qui pourrait requérir l’implication d’Interpol".

L’affaire prend une tournure politique quand le gouvernement intervient. Dans un communiqué, la ministre de la Femme et de la Famille encourage le principe de la dénonciation des faits de violence et promet à toutes les victimes "des mesures de protection et d’accompagnement développées par les institutions étatiques [au profit de] toute victime qui le sollicitera". Puis, elle met le pied dans le plat.


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